Procès: Le Procureur étête l’Imam Ndao en requérant 30 ans de prison

C’est un Procureur de la République grandeur nature qui a eu à requérir aujourd’hui contre l’Imam Ndao et Cie. Comme du reste l’attendaient les observateurs de même que les proches des mis en cause de ce premier procès lié au Terrorisme, le représentant du Parquet, Aly Ciré Ndiaye a eu la main lourde en terminant son réquisitoire qui aura duré quelques 6 tours d’horloge. Le procureur Aly Ciré Ndiaye en ce 18e jour du jugement au terme de son réquisitoire, a sollicité 30 ans de travaux forcés contre Imam Alioune Ndao pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise de terrorisme, blanchiment et financement d’argent dans le cadre d’activité terroriste, apologie au terrorisme et de détention illégale d’arme et de munitions.

En finissant son réquisitoire contre l’Imam Alioune Ndao et Cie, le Procureur de la République a jeté un froid dans la salle numéro 4 du tribunal Régional Hors Classe de Dakar. En effet, le maître des poursuites a eu la main trop lourde après que son (long) réquisitoire de plus de 6 heures, avait fini de plonger la salle dans les bras de Morphée. 30 ans de travaux forcés contre Alioune Ndao et la perpétuité contre Moctar Diokhané alias Abu Anwar, Abdou Aziz Dia alias Abu Zubair, Abou Diallo alias Abu Diendel, Abdou Khakim Mbacké Bao, Cheikh Ibrahima Ba, Latyr Niang, Ibrahima Mballo, lamine Coulibaly Alias Abu Jafar. Les chefs d’accusations retenus contre ces derniers sont actes de terrorisme en relation avec une entreprise de terrorisme, complicité de ce chef, blanchiment et financement d’argent dans le cadre d’activité terrorisme, apologie au terrorisme.

Aly Ciré Ndiaye requiert l’acquittement pour 8 prévenus

Par ailleurs, durant le même exercice, le procureur a demandé l’acquittement pur et simple de huit parmi les accusés d’activités terroristes par association de malfaiteurs, actes de terrorisme par menace ou complot, blanchiment de capitaux, financement du complot et apologie du terrorisme. Il s’agit des nommés Marième Sow, Ibrahima Hann, Alpha Diallo, Omar Keita, Mor Mbaye Dème, Mamadou Moustapha Mbaye, Boubacar Decoll Ndiaye et Daouda Dieng.

Car, selon ,le procureur, « Je suis d’autant plus convaincu de leur innocence qu’il admet n’avoir aucun élément de preuve contre ces accusés qui ont pour la plupart fait plus de deux ans en détention préventive. Le tort de Marième Sow, selon le procureur, c’est d’avoir été choisie par Coumba Niang pour garder l’argent que son époux, Matar Diokhané lui avait remis. Disciple de l’Imam Ndao, Ibrahima Hann a été arrêtée pour avoir envoyé des sms de soutien à son guide. Ce qui aux yeux du procureur, ne constitue nullement un crime.  »
Aly Ciré Ndiaye est également d’avis qu’Alpha Diallo, Boubacar Decoll Ndiaye et Omar Keita n’ont plus rien à faire en prison de même que Mor Mbaye Dème qui a eu le malheur d’avoir été cueilli en même temps que le nommé Mouhamed Ndiaye Abou Youssouf. Pour Mamadou Moustapha Mbaye, le procureur reconnaît qu’il est certes un chercheur qui s’intéresse au jihad, mais rien n’établit qu’il a essayé d’embrasser cette idéologie.

Pourtant, c’est une instruction de plus de deux ans qui a envoyé tout ce beau monde devant le tribunal pour les motifs qui leurs sont reprochés. Ce réquisitoire du procureur prouve quelque part les failles de notre système judiciaire qui donnent des pouvoirs exorbitants au procureur de la République qui a « droit de vie et de mort » sur n’importe quel citoyen. Au sortir de ce procès, il serait intéressant que des enseignements soient tirés aux fins de permettre aux citoyens de bénéficier d’une justice pour et par le Peuple.

Afriquemidi

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