Le Comité directeur constate la «démission de fait» de Madické Niang

En réunion hier, le Comité directeur du Parti démocratique sénégalais (Pds) a évoqué la candidature de Me Madické Niang. Oumar Sarr et ses camarades parlent d’une «démission de fait». La situation nationale, marquée par une «crise économique et politique sans précédent», a également été à l’ordre du jour.

Serait-ce définitivement la fin entre Me Madické Niang et le Pds ? Tout porte à le croire. Même s’il affirme être toujours membre du Parti démocratique sénégalais (Pds), Me Madické Niang n’est plus considéré comme tel par les libéraux. Le Comité directeur qui s’est réuni hier, dit avoir constaté une incompatibilité. «Le Comité directeur constate avec regret que Madické Niang a décidé de s’allier avec d’autres partis et cherche des parrainages pour lui-même et non pour le candidat choisi par notre congrès. Il constate, par conséquent, l’existence d’une incompatibilité qui atteste de la démission de fait de Madické Niang et demande à ce dernier d’en tirer toutes les conséquences en termes de droit et devoir.» Le Cd du Pds a insisté sur la cohésion interne et le renforcement de la discipline et de l’unité du parti qui sont des impératifs pour l’atteinte des objectifs.

S’agissant du parrainage, le Cd a fait savoir que le Secrétaire général national du parti, Me Abdoulaye Wade, a envoyé un message de félicitations aux responsables, militants et mouvements de soutien pour les résultats obtenus dans la collecte des signatures pour le candidat du parti, Karim Wade. «Toutes les régions, tous les départements et toutes les communes se sont déployés et mobilisés comme un seul homme pour obtenir des résultats fort appréciables. L’objectif minimum des 2 000 parrainages est largement dépassé dans toutes les 14 régions du pays et cela montre l’implantation spatiale incontestable de notre parti.» Pour le Pape du Sopi, ce travail appréciable doit être poursuivi et amplifié jusqu’à son prochain retour et celui du candidat du Pds.

Internationale libérale : le Pds prépare un contre-congrès

Les libéraux ont également évoqué la tenue prochaine du Congrès de l’Internationale libérale courant novembre à Dakar, boycotté par les deux seuls partis membres au Sénégal (Pds et Rewmi). «A cet effet, le Pds tiendra un contre-congrès et un forum pour les libertés et la démocratie au Sénégal, auxquels seront invités tous les partis et mouvements qui se battent pour les libertés. Il appelle, dès maintenant, les partis libéraux africains à quitter cette Internationale qui a définitivement failli à sa mission en s’acoquinant avec les régimes les plus liberticides du continent.»

Oumar Sarr et ses camarades n’ont pas manqué de parler de la situation nationale, marquée, selon eux, par une crise économique et politique sans précédent, par un endettement douteux du pays et une corruption généralisée au sommet de l’Etat. «Alors que le scandale de Arcellor/Mittal n’en a pas encore fini avec les tribunaux, Macky Sall envisage de signer une convention avec l’entreprise turque Tosyali pour l’exploitation des mines de fer de la Falémé. Le choix de l’entreprise Suez pour l’exploitation de l’eau, à la place des Sde, dans des conditions scandaleuses, ainsi que 837 milliards FCfa attribués dans des marchés sans appels d’offres et dévoilés par le Forum civil, des conventions avec des financements non concessionnels et non préférentiels montrent que la corruption a atteint, dans notre pays, des proportions abyssales.

La gestion des marchés publics est plus qu’opaque depuis la modification du Code des marchés et la corruption se généralise à tous les niveaux.» Malgré tout cela, déplorent-ils, et alors que la crise alimentaire et la famine menacent tout le pays, «les caciques de l’Apr, le clan et la famille de Macky Sall, se goinfrent et croient pouvoir utiliser les ressources financières indues pour obtenir un improbable second mandat qui leur permettrait d’achever le pays.» Raison pour laquelle, le Cd du Pds demande à l’opposition d’être à la mesure des enjeux, de renforcer son unité et de poursuivre son combat pour des élections transparentes. «Même si nous obtenons tous nos parrainages, si Macky Sall arrive à truquer l’élection présidentielle, les parrainages n’auront servi qu’à créer de faux espoirs pour le peuple. Il nous faut, plus que jamais, y compris dans cette période, intensifier le combat.»

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