“La seule chose qu’on aura à modifier à l’Aibd, c’est…”

Xavier Mary, Directeur général de Limak Aibd Summa (Las), fait le bilan de l’année d’exploitation du nouvel aéroport Dakar Blaise Diagne. Il livre, dans cet entretien accordé à L’Obs, les projets phares à mettre en œuvre pour maintenir Diass au top niveau africain, voire mondial.

Que retenez-vous de votre première à la tête de la Direction de Las ?

Avant tout, c’est une formidable aventure humaine. Et j’ai pu compter sur les équipes de Las et nos partenaires. C’est quelque chose de merveilleux. Parce qu’on est un des rares aéroports au monde d’avoir ouvert et de pouvoir fonctionner le même jour et à la même heure, sans avoir de perturbation de trafic. C`est une chose d’exceptionnelle. Les autres aéroports qui font ça, ont besoin de plusieurs jours avant de pouvoir fonctionner correctement. Donc, le Sénégal a montré qu’il s’est faire beaucoup de choses dans ce domaine. Ensuite, quand on regarde l’historique de ce qui s’est passé en une année, on a fait beaucoup de choses importantes. On a mis en place des commerces, on a reçu d`autres certificats d`aérodromes au bout de 11 mois etc. Il y a environ 26% des aéroports en Afrique qui ont leur certificat et nous l’avons en 11 mois. Ce qui est un beau record. Parce que la plupart des aéroports mettent deux ans avant de l’obtenir. On a un bel outil, de belles équipes.

Pourtant des compagnies dénoncent dysfonctionnements au niveau de vos passerelles ?

Tout marche. Je peux mettre un avion par passerelle. Il y a 6 passerelles. On peut mettre 6 avions aux passerelles en même temps, ce n’est pas un problème. Sur certains avions gros porteurs, il y a deux portes. On peut mettre en toute sécurité, la passerelle sur une des portes. Ce qui n’est pas du goût de certaines compagnies. Parce qu’elles voudraient que ça soit mis sur une porte de leur choix. On préserve la sécurité et chacun doit s’adapter à la sécurité de chaque aéroport. Parce que ce qu’elles nous reprochent à Dakar, je l’ai vu ailleurs. Donc, il n’y a pas de défauts de conception. Notre passerelle est certifiée. Elle reçoit des appareils. La seule chose qu’on aura à modifier, c’est le jour qu’on va recevoir l’A380. Ce que j’espère avoir un jour. Parce que c’est l’avion que beaucoup de passagers adorent. Il peut embarquer 550 passagers. Pour qu’ils soient débarqués dans un temps correct. Il serait mieux de mettre deux passerelles. On a un projet pour modifier les passerelles en vue de les mettre sur l’A380.

Et le problème carburant ?

Le carburant a toujours été d’excellente qualité. Le premier vol long courrier qui s’est posé ici, son réservoir était vide. Il ne pouvait pas partir. On a fait le plein et l’avion est reparti. Il n’y a jamais eu de problème. La seule chose qu’il y avait, c’est quand on a ouvert l’aéroport, il manquait d’autres tuyaux qui amenaient l’essence jusqu’au parking avion. Ce qui a été résolu 10 jours après l’ouverture de l’aéroport. Pendant des jours, on a fait le plein avec des camions. Ce qui n’est pas anormal. Je viens de l’aéroport de Lyon et tous les pleins sont faits par des camions. Il n’y a pas ces fameux tuyaux qu’on appelle les hydrants.

Les taxes et redevances sont jugées élevées. Est-ce qu’il y a des études pour les réduire ?

Les taxes et redevances ont fait l’objet d’un décret. Et moi, je ne peux pas dire grand-chose là-dessus. Puisque c’est le gouvernement qui décide.

Quelles sont les innovations dans ce nouvel aéroport ?

Nous avons la statue d’Ousmane Sow. Ce qui est rare dans un aéroport. Nous mettons de l’art pour donner une autre image à l’aéroport. Ça permet aux gens de voir des œuvres d’art sénégalaises. Nous allons continuer à travailler pour développer le trafic. Et pour nous, la prochaine recette, c’est le démarrage de la ligne Dakar-Paris-Dakar avec Air Sénégal. Pour nous, c’est important, parce que c’est la compagnie nationale. Elle va donner un essor à l’aéroport. Dans les projets qui viennent, il y a bien sûr tout ce qui va tourner autour du Fret, mais aussi en termes d’offre commerciale. Nous allons faire une galerie commerciale au niveau des arrivées, il y a un projet de station de carburant en construction, un hôtel…

Comment se porte le trafic, en termes de passagers ?

Après un an d’exploitation, le nouvel aéroport international Dakar Blaise Diagne a enregistré 2,4 millions de passagers, soit une progression de 9,78%. Cette progression est due à plusieurs facteurs. D’abord, par rapport a l`attractivité du Sénégal. Il y a beaucoup de choses qui attirent les gens dans ce pays. Ensuite, il y a le développement économique, les investissements et le tourisme. C`est une destination phare. C’est un pays accueillant et les gens se sentent en sécurité. Nous notons aussi l’arrivée de 5 compagnies aériennes dès l’ouverture du nouvel aéroport International Dakar Blaise Diagne, Rwandair, Camairco, Air Sénégal Sa… Ce qui est à l’origine de la montée du trafic, puisque l’aéroport rassure les compagnies.

Est-ce que vous faites du Dakar-New York-Dakar ?

Nous avons deux lignes qui partent vers les Etats-Unis : Delta Air Line et South African. Et j’espère bien avoir d’autres compagnies sur le Continent Nord américain. Pour les lignes de longue distance, on a Emirates sur Dubaï et Turkish Airlines sur Istanbul, Brussels…

Le Fret reste une équation non encore résolue depuis l’ouverture de l’aéroport…

Aujourd’hui, on est en train de trouver une solution pour un traitement correct du Fret. Il est traité correctement, mais avec une certaine difficulté d`exploitation. On enregistre aujourd`hui, une diminution du Fret à l’Export, ce qui est vraiment très embêtant (Ndrl : 15% de chute). Et on souhaite que le Fret à l’Export reprenne. C’est très important pour l`économie sénégalaise.

Pourquoi vous ne voulez pas traiter le Fret à l’Import au Cargo village construit par Teyliom Logistics dans la Zone intégrée économique de l’aéroport ?

Parce qu’il faut qu’on tombe d’accord avec eux sur certains points.

Teyliom Logistics vous a proposé une location de 2000 mètres carrés ?

Nous sommes en discussions et je préfère ne pas trop m’avancer sur ce dossier.

Le Conseil d’administration ne vous a-t-il pas donner l’autorisation de construire un autre cargo village ?

Pas un Cargo village, mais plutôt un entrepôt. Et ce n’est pas tout de suite.

Où en êtes-vous avec le problème des chambres froides évoquées dans un passé récent par des opérateurs économiques ?

Aujourd’hui, nous avons des chambres froides qui fonctionnent. Nous n’avons pas ce problème. Bien vrai qu’au début, nous avions des problèmes de portes pour faire entrer des palettes, mais ça a été résolu depuis. On souhaite que le Fret reprenne dans le trafic. On est en train de discuter avec Teyliom pour trouver une entente. On a un projet d`extension du Terminal actuel qui nous permettra de travailler facilement. On ne va pas refaire un Cargo Terminal. On a aussi d`autres projets avec d’autres organismes qui nous permettront de traiter les denrées périssables de manière plus efficace. Et, sur ce sujet, il faut que tous les acteurs se mettent d`accord. Ce que je souhaite et je pense que ce sera le cas.

igfm

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