Rapport Doing business: « Je regrette qu’on ne soit pas dans le Top 100 »

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141ème mondial en 2018, le Sénégal a fait un grand bond en avant, en arrachant 18 places, se classant ainsi 123ème cette année. Le rapport « Doing Business » de la banque mondiale publié jeudi dernier note l’amélioration du climat des affaires dans 190 pays, selon dix indicateurs spécifiques, suivant le cours de vie des entreprises. L’économiste Meissa Babou commente ce rapport.

« Le Sénégal mérite des félicitations pour ce progrès par rapport à deux domaines. D’abord la dématérialisation des impôts et taxes, ensuite une dématérialisation concernant les prêts bancaires. Il ne s’agit pas de montants octroyés mais de facilitations. Sur ces deux réformes majeures, le Sénégal a pu quand même obtenir 18 places. On ne fait pas du sur-place, et il faut le saluer, » se réjouit l’économiste.

Il regrette simplement « qu’on ne soit pas encore dans le top 100. Parce que 123ème place aujourd’hui, c’est encore très loin. Encore que Top 100 sur 200, c’est tout juste la moyenne. » Il suggère alors de « s’améliorer, réformer ici et là pour être parmi les meilleurs réformateurs au monde, » soulignant cependant qu’il y a « beaucoup de lenteurs administratives. Par conséquent, le Sénégal doit faire cet effort là, pour encore gagner d’autres places et être parmi les 10 meilleurs africains comme le Togo, ou bien l’île Maurice. »

Meissa Babou explique que « ce qu’il faut retenir, c’est que le «Doing Business» est, comme le dit la banque mondiale, un cadre objectif d’évaluation de la qualité de l’environnement. Si on regarde les 10 critères- il y en a 12 mais en fait, 10 seulement sont évalués- on se rend compte que c’est des critères de forme. »

Il clarifie: « Le 1er critère par exemple, on nous dit création d’entreprise, en combien de jours… alors si c’est Fast-track, ça se fait rapidement avec notre guichet unique. Alors là, ça va vite et on gagne des points. Quel est le temps de raccordement de l’électricité si vous mettez en place une entreprise. ? Et là, le Sénégal est Champion du monde pratiquement, parce que nous sommes dans une très bonne moyenne de 75 jours. Là où tout le monde est à peut-être 85, 90 et même 100 jours. »

Ensuite: « Comment payer son impôt ? on a mis un dispositif de facilitation. Donc, voyez que il s’agit simplement de forme. »

M. Babou déplore que le « Doing Business » ne traite pas le fond: « C’est-à-dire que l’entreprise ne vit pas qu’en papiers. S’il y a un dispositif de paiement d’impôts, pourquoi se taire sur cet impôt qui peut être cher et qui tue les entreprises? C’est-à-dire qu’il y a la forme, mais il y a le fond qui n’est pas traité. »

Il se questionne: « Et créer une entreprise rapidement, raccordé l’électricité… c’est très bien. Mais après, est-ce que cette entreprise-là va supporter le coût de l’électricité ? le coût de l’eau ? de la location ? Pourquoi on n’a rien dit sur les conditions de travail ? Donc, moi, en tant qu’économiste, puisqu’il s’agit en fait d’une évaluation du business, j’aurais bien voulu quand même que s’il y a des critères de forme, qu’on mette aussi des critères de fond. »

L’économiste de trancher: « Voyez le bémol ! A mon avis, on n’est pas allé à l’essentiel. Mais puisque ce n’est pas nous qui dégageons ces critères- c’est la Banque Mondiale- nous sommes obligés, dans une mondialisation, de danser comme tout le monde. Et quand on gagne des points, qu’on applaudisse. »

iGFM

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