LES CHIFFRES DE L’HÉCATOMBE SUR NOS ROUTES

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L’impact des accidents de la circulation sur le portefeuille des compagnies d’assurances est au centre d’une grande réflexion à Saly-Portudal, depuis hier. Un atelier technique de restitution des résultats de l’enquête sur la typologie des causes d’accidents de la circulation (ETCAC-2017/2018), sur initiative du ministère des Finances et du Budget, a réuni les acteurs dans la cité balnéaire pour statuer sur les principales causes des accidents de la route et élaborer un dispositif de prévention adapté. Ainsi, au décompte, 6713 accidents, avec en moyenne 600 morts ont été enregistrés; avec une perte annuelle de 74 milliards de francs pour l’Etat du Sénégal, représentant 1 à 2% du Produit intérieur brut (PIB) et 13 milliards de francs pour les assureurs.

6713 accidents de la route ayant coûté 74 milliards de francs CFA à l’Etat et 13 milliards de francs CFA aux assureurs fortement sollicités pour les réparations des sinistres, entre 2017 et 2018 ! Le Sénégal paye un lourd tribut des accidents de la circulation qui crèvent 1 à 2% du Produit intérieur brut (PIB). C’est en substance ce qui ressort de l’atelier technique de restitution des résultats de l’enquête sur la typologie des causes d’accidents de la circulation (ETCAC2017/2018), à l’initiative du ministère des Finances et du Budget. Des autorités du ministère des Finances et celui des Transports, des assureurs, le Haut-commandement de la Gendarmerie, la Direction générale de la Police nationale, la Prévention routière, le Fonds de garantie automobile, les Syndicats des transports et des Associations des consommateurs participent à la concertation, depuis hier jeudi, pour «cerner les principales causes des accidents de circulation» et «élaborer un dispositif de prévention adapté». Makhtar Faye, le président de l’Association des Assureurs du Sénégal (AAS) qui a dévoilé ces chiffres sur le nombre grandissant des accidents de la circulation et leur lots de catastrophes a jouté que les pertes en vies humaines inestimables atteignent en moyenne 600 victimes par an. Pour lui, les assurances ont déboursé, pour les réparations des sinistres, la somme de 13 milliards de francs Cfa en 2019. Il n’a pas manqué de dire des informations utiles sur les affaires de réparations non exécutées par les compagnies d’assurances. Cela compte non tenu des dossiers non instruits, à causes de l’absence de procèsverbaux et de garantie liée à la limitation de la prime souscrite. Sur la diligence des règlements des sinistres entre compagnies d’assurances, le président de l’AAS a fait part de programme «Takhavoula» pour les constats et paiement en 24 heures des réparations des sinistres.

LA GENDARMERIE DENOMBRE 500 MORTS POUR 4000 ACCIDENTS

En outre, Monsieur Faye, insistant sur l’implication des assurances dans la gestion et la recherche des causes des accidents depuis une trentaine d’années, a expliqué que, au bout du compte, les sommes colossales investies dans la gestion des accidents et la prise en charge des victimes aurait pu servir à la construction de salles de classes, d’écoles et d’hôpitaux. Suffisant pour qu’il appelle les usagers de la route à adopter des comportements citoyens, faisant de nos routes des espaces de rêve, sans danger. Selon lui, les éléments de l’étude sont essentiels pour l’Etat qui envisage de mettre en place une Agence de la Sécurité Routière dans le cadre de sa mission de prévention et protection de la sécurité publique. Le Capitaine Mamadou Cissokho du Haut-commandement de la Gendarmerie nationale a salué la portée et l’importance des travaux d’enquête et de restitution a informé que la Gendarmerie a recensé 500 morts pour 4000 accidents, en plus d’un nombre important de blessés. Selon lui, le travail de l’Observatoire de la Qualité des Services Financiers (OQSF) participe à la détermination des causes des accidents et à faire de la prévention.

L’ETAT DES VEHICULES, UN FACTEUR FAVORISANT DES ACCIDENTS

Le Commissaire Divisionnaire Mamadou Bocar Ly de la Direction de la Sécurité Publique (DSP) qui a magnifié l’engagement de l’OQSF dans cette réflexion sur la typologie des accidents de la circulation, a insisté sur les actions de la Police nationale dont les services, sur l’ensemble du territoire national, remontent les données des accidents et participent à leur prise en charge. Pour lui, les conclusions des travaux de l’observatoire ont une haute portée et indexent des causes liées à l’état des véhicules, un facteur favorisant des accidents. L’expert financier Mme Ndèye Coura Sèye de l’OQSF du ministre des Finances, a insisté sur les orientations de l’enquête, le partage de l’enquête concentrée en grande partie sur les accidents de la circulation dont les causes préoccupent. A l’en croire, les accidents de la circulation constituent un fléau aux conséquences très graves et violentes. Leur impact sur les assurances et l’économie d’une manière générale ont poussé l’OQSF à s’investir dans la réalisation du travail présenté qui vise à doter les compagnies d’assurance d’outils pour une relativisation de la prime d’assurance, une baisse de la police d’assurance actuellement très chère. L’étude des causes des accidents sur des données fiables et la base de statistiques pointues a une incidence sur la gestion et la prise en charge des sinistres, selon elle. Ainsi, une fois les causes circonscrites, les remédiassions faites, cela va contribuer, à coup sûr, à la baisse des sinistres entraînant la baisse des primes.

LES COLLECTIVITES TERRITORIALES QUI ONT VERROUILLE LEURS ESPACES ET LA VISITE TECHNIQUE INDEXEES

Gora Khouma, le secrétaire général du Syndicat des Transports Routiers du Sénégal, revenant sur les causes et les solutions a souligné qu’un accident ne profite à personne. Selon lui, les collectivités territoriales ont verrouillé leurs espaces, excluant toute aire de repos pour les chauffeurs et les camionneurs. Mieux, elles prennent des arrêtés pénalisant les chauffeurs stationnant dans les villes. Ce qui fait des voitures partent d’un point A vers un point B sans repos. Toujours sur les causes, il a dénoncé les employeurs mus par le gain, exigeant de leurs employés des revenus importants et poussant ces derniers à se surpasser. Aussi, note-t-il que les compagnies d’assurance demandent des primes et sont impactées par les réparations des sinistres. Non sans inviter à réfléchir sur la visite technique, avec des véhicules n’en ayant pas droit qui réussissent à passer ce cap. Jean Pierre Dieng des Associations de consommateurs et membre de l’OQSF, a salué la participation des différents acteurs concernés à la rencontre de partage pour trouver des solutions et en arriver à une réduction des accidents de la circulation, au bénéfice de tous.

Sudquotidien

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