En Afrique, seuls six laboratoires peuvent tester le coronavirus pour 1,2 milliard d’habitants

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En janvier 2020, la Côte d’Ivoire a eu quelques sueurs froides. Alors que les premiers cas de coronavirus étaient détectés à Wuhan, le pays africain suspectait un de ses étudiants d’avoir contracté la dangereuse pneumonie. Des médecins se sont empressés de faire des analyses, raconte le Washington Post, et ont envoyé les échantillons de l’adolescent au laboratoire équipé le plus proche. Celui-ci se trouvait à plus de 7.000 kilomètres, à Paris.

Bien que les résultats se soient avérés négatifs, cette expérience a montré la faiblesse des installations de santé du continent, qui serait incapable d’effectuer des tests à grande échelle en cas d’épidémie.

En début de semaine, seuls deux laboratoires en Afrique étaient en capacité de tester le coronavirus, un au Sénégal et l’autre en Afrique du Sud. Depuis, le Nigeria, le Ghana, Madagascar et la Sierra Leone ont reçu le matériel médical adéquat, explique le journal américain. Envoyées en urgence par l’OMS, ces fournitures devraient être distribuées sous peu dans vingt-quatre autres pays du continent.

L’Afrique, qui est pour l’instant épargnée par le virus, reste très exposée. Avec près de 1,2 milliard d’habitant·es –dont 1 million de ressortissant·es chinois·es– parfois concentré·es dans des régions très densément peuplées, les systèmes de santé déjà défaillants du continent pourraient être submergés.

«Si des cas étaient exportés vers certains pays d’Afrique ou d’autres continents où les moyens de sécurité sanitaire sont limités, de gros foyers épidémiques pourraient alors éclater hors de Chine», prévient J. Stephen Morrison, vice-président directeur du Center for strategic and international studies (CSIS), sur France Info.

Actuellement, plus de 31.000 personnes ont été contaminées dans vingt-huit pays. La Chine, foyer du coronavirus, a signalé plus de 630 morts.

Réactions en demi-teinte

L’OMS a identifié treize pays africains en première ligne en raison de leurs liens avec la Chine. Malgré tout, ils tardent à prendre de véritables mesures, notamment en ce qui concerne leurs ressortissant·es coincé·es dans l’épicentre du virus.

Parmi les mesures prises, le Mozambique a cessé de délivrer des visas aux ressortissant·es chinois·es, le service postal sud-africain n’accepte plus les colis en provenance de Chine et plusieurs compagnies aériennes du continent ont interrompu leurs liaisons.

En ce qui concerne leurs ressortissant·es bloqué·es, certains pays africains jouent la montre pour ne pas froisser leurs relations avec Pékin, précise le Temps. Le Rwanda, la Zambie ou la Guinée préfèrent afficher leur confiance quant à la capacité de la Chine à vaincre l’épidémie.

slate.fr

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