PILLAGE DU POISSON LOCAL

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Des pratiques répréhensibles sont notées dans le secteur de la pêche, surtout ces derniers temps avec la volonté du ministère de l’économie maritime d’octroyer des licences «hors la loi» à des navires chinois et turcs.

Des pratiques mafieuses sont notées dans le secteur de la pêche surtout ces derniers temps avec la volonté du ministère des pèches et de l’économie maritime d’octroyer des licences «hors la loi» à des navires chinois et turcs. Ce qui crée une tension dans le secteur de la pêche qui est pourtant d’un grand apport à l’économie nationale. Car contribuant à hauteur de 2% au Pib et générant plus de 600 mille emplois. Ce pillage des ressources halieutiques est dénoncé par les acteurs de la pêche qui qualifient de «scandaleux» cette situation.

Selon Fatou Niang Ndiaye, vice-présidente du groupement des armateurs et industriels de la pêche du Sénégal (Gaipes), «accorder une licence de pêche à ces bateaux, c’est entretenir le lit de la fraude». Mieux ajoute-t-elle, «ces navires demandeurs de licences sont faussement sénégalisés», car les chinois et les turcs qui sont les uniques propriétaires des bateaux, utilisent des prête-noms qui détiendront fictivement la majorité du capital de la société qui demande les licences.
De son côté, le président de l’association pour la promotion et la responsabilisation des acteurs de la pêche artisanale maritime Gaoussou Gueye soutient que si le code de la pêche était bien appliqué, il n’y aura pas ces problèmes. Car dit, le code a tout réglé. Au niveau du département de la pêche, c’est motus et bouche cousue. Toutes nos tentatives de rentrer en contact avec les services du ministre sont restées vaines.

Des pratiques mafieuses sont notées dans le secteur de la pêche surtout ces derniers temps avec la volonté du ministère des pèches et de l’économie maritime d’octroyer des licences hors la loi à des navires chinois et turcs. Ce qui crée une tension dans le secteur de la pêche qui est d’un grand apport à l’économie nationale. Car contribuant à hauteur de 2% au Pib et générant plus de 600 mille emplois. Ces pratiques douteuses dans le secteur de la pèche ne datent pas d’aujourd’hui. Elles remontent au régime socialiste, avant d’être perpétuées sous le magistère de Me Wade. Depuis l’avènement de Macky, trois ministres se sont succédé mais le problème reste entier. On est juste des licences russes à celles des chinois et turcs.

Ainsi, en 2018 le ministre de la pêche et de l’économie maritime d’alors Oumar Guèye, en plein période électorale, a instruit, selon nos sources, un certain nombre de dossiers pour délivrer des licences de pêche à des navires chinois. Il a avait même tenté de ramener des bateaux russes dans la pêcherie au Sénégal. A l’époque Gaipes avait sonné l’alerte, et le Président de la République Macky Sall avait lui-même arrêté cette affaire de bateau russe.

Selon nos sources, Oumar Gueye aurait donné plusieurs licences au moins à une douzaine à des navires chinois en début 2019 juste avant les élections. D’ailleurs, la dernière licence attribuée dans le cadre de la commission technique d’enquête a été signée le 2 avril 2019 c’est-à-dire juste avant son départ du département de la pêche. Depuis, des navires chinois entrent et sortent avec des numéros d’immatriculation de la marine marchande sénégalaise. Quand Aminata Mbengue Ndiaye a été nommée ministre de la pêche et de l’économie maritime, elle a été, elle aussi saisie par le Gaipes sur cette situation. Par la suite, elle convoque une réunion entre le directeur des pêches et tous les services des pêches.

Après avoir soulevé la présence de ces bateaux russes et chinois, Aminata Mbengue Ndiaye avait soutenu que ces bateaux ont des licences de pêche démersale profonde option poissons et céphalopodes. Or, cette option n’existe pas ni dans la loi ni dans le décret d’application de cette loi. «Le directeur des pêches avait déclaré que ce n’est pas dans la loi, mais ce n’est pas parce que c’est hors la loi que le ministre n’a pas le droit de le faire (sic)». Aminata Mbengue Ndiaye avait éclaté de rires, selon nos sources, et avait promis de voir clair dans cette affaire. «C’est ainsi que la commission technique d’enquête a été mise en place», rapporte nos sources. Les deux premières réunions de cette commission ont permis d’identifier 12 licences «hors la loi». Puis exit, Aminata Mbengue Ndiaye pour la présidence du HCCT. Elle est remplacée par ministre Alioune Ndoye. M. Ndoye sera lui aussi informé de ces licences illégales.

En dehors des 12 susmentionnés, il y aurait encore 36 bateaux dont on ne sait pas d’où ils viennent. Quand est ce qu’ils ont été introduits dans la pêcherie sénégalaise? Quand est qu’ils ont été naturalisés  ? Est-ce qu’ils ont une licence et quel type de licence ont-ils  ? Des questions qui, jusqu’à présent, n’ont pas de réponses. Mais à la surprise générale, le 13 avril dernier, le directeur des pêches convoque les membres de la commission pour étudier des demandes de promesses de licences de pêche pour 56 autres navires. Or, pour que les navires étrangers aient une promesse de licence de pêche au Sénégal, il faut leur naturalisation.

Paradoxalement, ces navires seront présentés par des sociétés prête-noms pour qu’ils fassent une procédure rapide de «sénégalisation» afin de pouvoir maintenant demander la licence. Le deal  se passe ainsi : «Les Chinois viennent avec un contrat appelé contrat de coopération de pêche. Ils proposent à un Sénégalais, de créer une société mixte de 500 mille francs qui est une société de droit sénégalais dans laquelle la partie sénégalaise possède 51% et la partie chinoise 49%. Charge à eux (les Chinois) d’acheter un bateau qui coûte 5 milliards.

Figurez-vous des armateurs sénégalais nouveaux qui ont la capacité d’avoir acheté 50 bateaux qu’ils ont naturalisé et qui présentent à nouveau sur les 56, les 52 concernent les chinois et deux bateaux turcs et deux bateaux sénégalais ? Cela fait 102 bateaux au total», expliquent nos sources qui se demandent quels sont ces sénégalais qui sont capables d’acheter 102 bateaux qui coûtent chacun 5 milliards de francs, alors que leur société qui a le plus grand capital est de 1 million de francs cfa ? Par la suite, la société qui est de droit sénégalais détient 51% de ce bateau et demande sa naturalisation. Car, sans la «sénégalisation» du bateau, le navire ne peut pas pêcher au Sénégal parce que le Sénégal n’a pas d’accords de pêche avec la Chine. Le tour est ainsi joué.

 

sud quotidien

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