L’ancien directeur général de Petrosen, Alioune Guèye, conteste les accusations formulées mardi 8 septembre 2026 par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo au sujet de l’accord signé entre Petrosen et Kosmos Energy concernant le bloc de Cayar Offshore Profond. Dans une publication sur Facebook, il affirme que le retrait de Kosmos a été conclu sans compensation financière et que l’accord signé le 22 avril 2026 préserve explicitement les droits de l’État sénégalais.
Au cœur de sa défense, Alioune Guèye cite la clause 8 de l’accord de retrait, selon laquelle celui-ci « ne porte préjudice à aucun droit de la République du Sénégal au titre du CRPP ». Pour l’ancien patron de Petrosen, cette disposition suffit à écarter l’idée d’une renonciation aux éventuelles créances de l’État. « On ne peut pas céder illégalement ce qu’on n’a pas le pouvoir de céder », soutient-il, estimant que l’État reste libre de réclamer à Kosmos toute indemnité qu’il jugerait due au titre du Code pétrolier et du contrat de recherche et de partage de production (CRPP).
Sur le montant de 55 millions de dollars évoqué dans le débat, Alioune Guèye conteste également l’existence d’une pénalité due par Kosmos. Il rappelle que le CRPP prévoit, selon lui, une indemnité calculée au prorata des travaux non exécutés. Or, affirme-t-il, les engagements contractuels auraient été remplis à travers trois forages et une campagne sismique 3D, pour plus de 300 millions de dollars d’investissements. « Aucune pénalité n’était due », écrit-il, précisant que les données et actifs issus de ces travaux seraient désormais la propriété de l’État. L’ancien DG soulève toutefois une autre question, celle de la garantie maison mère prévue par le CRPP, et demande publiquement aux autorités de produire le document que Kosmos aurait dû fournir lors de la prorogation du contrat en mars 2024.
Alioune Guèye rejette enfin l’idée que sa signature ait privé le Sénégal d’un droit ou d’une opportunité financière. Il rappelle que le gouvernement avait lui-même présenté, au moment du retrait de Kosmos, cette opération comme une « victoire majeure » obtenue « sans aucune contrepartie financière pour le Sénégal ». Selon lui, le bloc est revenu à l’État, tandis que les données et actifs issus des investissements réalisés ont été préservés. « J’assume donc entièrement cette signature dont je suis très fier », conclut l’ancien DG de Petrosen, qui se dit prêt à s’expliquer devant toute institution de la République qui souhaiterait l’entendre.

